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2015

Créateur de solidarité, de lien et d’évolution sociale, le volontariat est aussi, jusqu’à présent, créateur d’emploi. Mais aujourd’hui, le contexte économique difficile pourrait changer la donne. Ce sont des appels téléphoniques, des observations, des témoignages de volontaires et de responsables d’organisations, des extraits de presse qui nous ont interpellés.

  • Quand une école engage des surveillants de garderie "sous statut de volontariat"
  • Quand un étudiant se déclare à la recherche d’un "bénévolat rémunéré"
  • Quand une crèche privée fait appel à des bénévoles les jours où les puéricultrices sont moins nombreuses
  • Quand, aux Pays-Bas, une maison de repos donne un logement à un jeune en échange de quelques heures mensuelles de bénévolat auprès de ses résidents
  • Quand, en France, une ville offre des leçons de conduite contre 70 heures de volontariat…

Les exemples se multiplient. Dans certains cas, ne confond-on pas volontariat et emploi? Ne recourt-on pas au volontariat uniquement pour avoir de la main d'oeuvre bon marché?

Il n’est évidemment pas question de jeter la pierre, ni aux bénévoles, ni aux organisations. En contexte de contrainte budgétaire, comme c’est le cas depuis quelques années, conserver des emplois rémunérés est un véritable défi. En créer est encore plus ardu. Les besoins, quant à eux, sont toujours aussi présents, souvent de plus en plus pressants. Le bénévolat a toujours été une alternative, un moyen de palier les failles d’un système. Le problème n’est pas de recourir au bénévolat. Le problème est de recourir au bénévolat parce qu’il est une main d’œuvre gratuite, sans envisager son apport spécifique, sa plus-value pour l’organisation et pour le projet. Le bénévole ne doit pas être considéré comme un employé sans salaire. 

La Plate-forme francophone du Volontariat appelle donc les associations et le monde politique à être attentifs: le volontariat, acte essentiel de solidarité gratuite, ne doit pas remplacer l’emploi.

Emile et Bertrand sont dans un bar. Le salaire tombe. Qui reste?

Cette vidéo d'un peu plus de trois minutes est au coeur de notre campagne 2015. Mais, derrière ces trois minutes, il y a des heures de discussions, de réflexions et de débats autour d’une question: la frontière entre volontariat et emploi.

Comment s'assurer que le volontariat ne pique pas l’emploi? Y a-t-il des postes "réservés" à des employés et d'autres à des volontaires? Sur le terrain, on distingue facilement un emploi (avec salaire et contrat) d’une activité volontaire. Mais, avant d'engager, comment faire un choix entre les deux? Les arguments peuvent-ils être uniquement économiques? J’ai des sous j’engage; je n’en ai pas, je cherche un bénévole?

La différence entre emploi et volontariat, c’est quoi?

  • Une question de motivation? Pas vraiment. Les raisons qui poussent un bénévole à s’engager peuvent être partagées par un travailleur. Il n’y a pas d’exclusivité d’un côté ou de l’autre.
  • Une question de compétences? Non plus. Les chirurgiens qui sont bénévoles dans certaines ONG en savent quelque chose, le bénévolat n’est pas réservé uniquement aux "amateurs".
  • Une histoire de "tâches"? On a réfléchi. Longuement. Notre conclusion, c’est que tout métier peut être fait contractuellement ou bénévolement.

Quel sens donnez-vous à l’acte gratuit?

Pour une organisation, il est essentiel de déterminer l’apport spécifique du volontariat, au-delà de sa gratuité. Notre expérience et nos contacts avec de nombreuses organisations révèlent que le sens du volontariat ne peut se résumer simplement. Il y a autant de "bonnes raisons" de travailler avec des bénévoles qu’il y a d’organisations, voire même de projets: le temps qu’ils peuvent accorder aux bénéficiaires, leur humanité, leur liberté, leur pouvoir d’initiative, leur créativité, leur connaissance de la réalité de terrain, leur proximité sociale avec les bénéficiaires, la force de leur militance...

Si les volontaires abattent des masses de travail immenses, leur valeur réside moins dans ce qu'ils font que dans ce qu’ils sont. 

Pourquoi cette campagne?

Créateur de solidarité, de lien et d’évolution sociale, le volontariat est aussi, jusqu’à présent, créateur d’emploi. Mais aujourd’hui, le contexte économique difficile pourrait changer la donne. Ce sont des appels téléphoniques, des observations, des témoignages de volontaires et de responsables d’organisations, des extraits de presse qui nous ont interpellés.

  • Quand une école engage des surveillants de garderie "sous statut de volontariat"
  • Quand un étudiant se déclare à la recherche d’un "bénévolat rémunéré"
  • Quand une crèche privée fait appel à des bénévoles les jours où les puéricultrices sont moins nombreuses
  • Quand, aux Pays-Bas, une maison de repos donne un logement à un jeune en échange de quelques heures mensuelles de bénévolat auprès de ses résidents
  • Quand, en France, une ville offre des leçons de conduite contre 70 heures de volontariat…

Les exemples se multiplient. Dans certains cas, ne confond-on pas volontariat et emploi? Ne recourt-on pas au volontariat uniquement pour avoir de la main d'oeuvre bon marché?

Il n’est évidemment pas question de jeter la pierre, ni aux bénévoles, ni aux organisations. En contexte de contrainte budgétaire, comme c’est le cas depuis quelques années, conserver des emplois rémunérés est un véritable défi. En créer est encore plus ardu. Les besoins, quant à eux, sont toujours aussi présents, souvent de plus en plus pressants. Le bénévolat a toujours été une alternative, un moyen de palier les failles d’un système. Le problème n’est pas de recourir au bénévolat. Le problème est de recourir au bénévolat parce qu’il est une main d’œuvre gratuite, sans envisager son apport spécifique, sa plus-value pour l’organisation et pour le projet. Le bénévole ne doit pas être considéré comme un employé sans salaire. 

La Plateforme francophone du Volontariat appelle donc les associations et le monde politique à être attentifs: le volontariat, acte essentiel de solidarité gratuite, ne doit pas remplacer l’emploi.