Quels sont les 4 profils existants au sein de l'engagement volontaire?
Au travers des différents secteurs d’activités où l’on retrouve de nombreuses personnes engagées, on peut dégager quelques profils et formes de volontariat. Si certains sont davantage connus du grand public, d’autres sont parfois plus méconnus. Au départ de quatre organisations, voici quatre profils classiques de volontariat : le volontariat de service, d’animation, de militance et de gestion. Les trois premiers profils trouvant pleinement à s’exprimer le plus souvent grâce à l’action permanente du dernier. Découverte…
Animation
Avec 54.000 membres dont 10.000 volontaires francophones, la Fédération des Scouts Baden-Powell de Belgique est la plus importante organisation de jeunesse en Communauté française. âgés pour la plupart de 17 à 23 ans, les animateurs volontaires organisent des activités chaque semaine, plusieurs week-ends de camp au cours de l’année, et un camp de 6 à 15 jours en été. « Nous attendons de la part de nos volontaires du temps, du talent et du coeur. Un investissement nécessaire ne fût-ce que pour passer le brevet : 300 heures de formation théorique et pratique qui concernent la pédagogie comme la santé et l’hygiène », explique Marie Navarre, assistante exécutive du Président fédéral. Partout, les mouvements de jeunesse affichent une bonne forme. Car près de 10.000 autres jeunes volontaires animent des enfants et ados au sein des Guides catholiques de Belgique, des Scouts et Guides Pluralistes et des Patros. « Respect de la nature, respect d’autrui, vie en groupe, nos valeurs continuent manifestement à parler aux jeunes qui apprennent, tout en s’amusant, à gérer collectivement un budget, un logement, un programme d’activités, une panoplie de situations relationnelles… Autant de responsabilités qui leur seront utiles par la suite dans la vie professionnelle », estime Marie Navarre.
Gestion
Si participer au pouvoir organisateur (PO) d’une école réclame du temps et des compétences, voilà encore une activité volontaire, sans contrepartie financière. Le Secrétariat général de l’Enseignement catholique (SeGEC) représente et coordonne 800 de ces ASBL qui permettent à 1.150 écoles catholiques de fonctionner et d’accueillir la moitié de la population scolaire de l’enseignement obligatoire – sans oublier 79 centres PMS libres et 52 internats. « Environ 10.000 volontaires permettent ainsi aux écoles de fonctionner dans de bonnes conditions, avec un projet pédagogique cohérent », note Sophie De Kuyssche, directrice du Service Pouvoirs organisateurs au SeGEC. « Même s’ils collaborent avec un directeur qui gère l’établissement au quotidien, les administrateurs volontaires sont responsables du fonctionnement de l’école. Ils supervisent les finances, décident de la rénovation ou de l’acquisition des bâtiments, engagent les directeurs et chapeautent au total 40.000 enseignants et 10.000 ouvriers et employés… » Modules de formation, conseils juridiques, publications : le SeGEC développe une batterie d’outils pour soutenir ce volontariat de gestion, réalisé à l’ombre des projecteurs. « De nombreuses personnes partagent leurs compétences particulières, qu’il s’agisse de pédagogie, de comptabilité ou d’expertise en bâtiment. Leur plus belle récompense ? Voir leur école pleine de vie. »
Service
Planning familial, médiation de dette, soutien juridique, centre d’accueil de jour, école de devoirs pour enfants et ados, accompagnement de personnes sans emploi, projets destinés aux femmes ou à d’autres publics précarisés : « Espace Social Télé-Service vise avant tout à donner les moyens de se relever en sortant de la pauvreté, de l’exclusion et de l’isolement », résume Michel Kesteman, le directeur de ce centre d’action sociale globale, situé à Bruxelles, et qui célèbre cette année ses 50 ans d’existence. Chaque jour, quelques 300 personnes font appel à l’association, membre de la Fédération des Centres de Service Social (FCSS). « Sans nos 250 volontaires (professeurs pour le rattrapage scolaire, juristes pour la médiation de dette, animateurs d’ateliers,etc.), nous serions contraints de réduire radicalement la portée de nos actions, ce qui provoquerait un vide énorme sur Bruxelles. Les qualités essentielles de nos bénévoles ? La disponibilité, le sens de l’écoute et un intérêt réel pour les relations humaines », affirme Michel Kesteman.
Militance
L’association de protection de la nature Natagora repose essentiellement sur ses 1.200 volontaires, répartis sur toute la Wallonie et à Bruxelles. « Ils nous rejoignent généralement quelques heures par semaine, même si certaines personnes nous aident bien davantage », relève Mari-Luz Sanchez, responsable des volontaires. « Qu’ils soient naturalistes, comptables ou sans compétences particulières, jeunes ou pensionnés, ruraux ou urbains, seuls ou en famille, la plupart sont des passionnés de la nature, avec une certaine fibre militante, et s’investissent dans des projets communs qui leur donnent du plaisir. » La moitié des volontaires participe à la gestion des 150 réserves naturelles, couvrant plus de 4.300 hectares. D’autres étudient et cherchent à sauver les espèces menacées – comme le grand hamster, la loutre ou la cigogne noire. Ou bien, ils développent des programmes d’éducation et de sensibilisation à la nature au travers de centaines d’activités comme les Chouettes soirées, la Nuit des chauves-souris ou l’opération Grenouilles sur nos routes. « Chez Natagora, ils entrent dans un groupe qui leur permet d’apprendre et de découvrir tout en prenant du plaisir », conclut Mari-Luz Sanchez.
