Afin de donner suite à une requête de ses membres, la Plate-forme francophone du Volontariat a engagé une réflexion sur e volontariat les secteurs des soins de santé et de l'action sociale. Dans le but de poursuivre une telle initiative dans le long terme, la PFV va mettre en place une commission qui débouchera en 2012 et 2013 sur une série de publications. Dans ce cadre, nous vous proposons un extrait du discours du Ministre Cerexhe lors du colloque :
"Le volontariat dans le milieu des soins de santé : un engagement citoyen", le jeudi 6 octobre 2011 au Centre culturel de Woluwé Saint-Pierre. Plus dinfos
2011, année du volontariat, mais encore?
A l’heure où la citoyenneté responsable est la pierre angulaire de bien des discours, il est en essentiel de réaffirmer l’importance que revêt l’engagement volontaire des citoyens et citoyennes dans la vie de la cité. Cet engagement citoyen est capital face aux nouveaux besoins sociaux insatisfaits, aux injustices, à la crise de l’emploi, au déficit démocratique, à l'accroissement des inégalités, sans oublier les grands défis planétaires qui nous concernent tous. La société ne peut s'appuyer uniquement sur les pouvoirs publics, incapables de tout résoudre, et en appelle au civisme, au sens de la responsabilité et de la solidarité de chacun d'entre nous, en tant que citoyens. Nous sommes interdépendants et nous avons besoin des uns des autres.
Bien qu'il ne soit pas encore assez reconnu, le volontariat joue un rôle essentiel au service de la société dans notre pays. Avec près d'un million et demi de bénévoles et plus de 17.000 associations, aujourd'hui, le volontariat touche surtout la population féminine, dans les tranches d'âge de 40 à 70 ans, et les jeunes de 15 à 20 ans au sein des mouvements de jeunesse, mais les choses changent. Les bénévoles d'aujourd'hui sont plus souvent des personnes actives sur le marché de l'emploi qui désirent allier travail et engagement social. Cette évolution est positive mais insuffisante. Il faut une impulsion supplémentaire pour inciter l'ensemble de la population, hommes et femmes, actifs ou non, à s'engager, à la mesure de chacun, pour le bien-être de la collectivité.
D'ici 2020, près des trois quarts des emplois relèveront du secteur des services, que ce soient les services aux entreprises, les soins de santé et l’action sociale, les services aux personnes, l'éducation permanente et l’enseignement. Dans plusieurs de ces domaines, de nombreux volontaires sont actifs et rendent de précieux services, en particulier dans celui dont il est question aujourd'hui, les soins de santé. Les volontaires fournissent une multitude de petits gestes qui n'ont pas de prix : divertissement, confort, réinsertion ou parfois gestes de première nécessité (déplacement, alimentation...). En recréant un lien social, en écoutant le malade ou en lui apportant de petites aides concrètes, ils contribuent à l'humanisation d'une médecine hospitalière devenue hypertechnologique et gestionnaire.
Différentes études, menées auprès des acteurs et des personnes concernées, ont cependant montré que tout n'allait pas de soi dans le secteur, en mettant le doigt sur le problème du renouvellement des équipes, les disparités entre régions et entre structures, la méconnaissance des possibilités offertes par le volontariat ou des moyens pour y accéder et se renseigner. Il en ressort que la création d'une plate-forme du volontariat dans le domaine des soins de santé, clairement identifiée comme telle, est nécessaire : pour fédérer les initiatives, diffuser les informations relatives aux droits et devoirs des volontaires, assurer une meilleure synchronisation entre l’offre et la demande de volontaires, encourager leur formation (écoute, soins palliatifs, suicide). Pour être efficace, la solidarité a besoin d'une forme d'encadrement.
« Engagez-vous ! ».
A nous, responsables politiques, d'agir et d'intervenir pour encourager, faciliter et valoriser l'engagement volontaire des citoyens.
Comme vous le savez, l'Année européenne du volontariat dépasse largement le cadre de Bruxelles. Nous avons dès lors agi à deux niveaux: d'une part, en mutualisant des moyens dans une campagne commune à tout l'espace francophone, et d'autre part en menant des actions spécifiques.
Au niveau francophone tout d'abord, nous avons soutenu un large programme d'activités mené par l'asbl Plate-forme francophone du volontariat. En tant que Ministre en charge de la santé, j'ai soutenu cette campagne, qui a dépassé toutes les attentes de ses
organisateurs.
En six mois, l'exposition itinérante "Toi + Moi + Nous, 52 portraits de volontaires en mouvement" a été vue par plus de 54.000 personnes. En Région bruxelloise, elle a pris place dans de nombreux lieux: le campus du CERIA, l'auberge de jeunesse Sleep Well, le salon de l'emploi non marchand Citizenjobs, les mutualités chrétienne et socialiste.
Un colloque de la Plateforme du volontariat a également eu lieu le 11 mai dernier au Parlement Bruxellois . Ce fut l'occasion d'évoquer, entre autres, le travail des volontaires de l'ombre. Je veux parler des volontaires de gestion (présidents d'association, secrétaires, trésoriers...) et d'évoquer également les freins et facilités d'accès à ces démarches citoyennes.
Un autre colloque est prévu le 3 décembre prochain à Namur. Il dressera un bilan plus complet de la campagne 2011, mais
pointera également et surtout les mesures concrètes à prendre pour pérenniser cet élan et participer à la structuration du volontariat, laquelle n'en est qu'à ses balbutiements.
Enfin, très prochainement, je vais proposer au gouvernement francophone de soutenir la plateforme francophone du volontariat pour lancer un projet spécifique à l'attention du volontariat dans le secteur des soins de santé. Il s'agit de créer un espace de concertation et de travail réunissant dans un même lieu et autour d’un même projet les acteurs et institutions des secteurs de la Santé et de l’Action Sociale de Wallonie et de Bruxelles mais également d’autres acteurs qui oeuvrent de manière permanente ou ponctuelle à faire vivre le volontariat dans ces mêmes secteurs.
Il s’agit concrètement d’une commission permanente instaurée au sein de la plateforme francophone du volontariat, se réunissant quatre à cinq fois par an. La dite commission sera « ouverte » c’est à dire accessible à des organisations non membres de la Plateforme. Ce projet porte sur trois ans et sera évalué annuellement.
La commission aura pour mission et tâches de :
1. Échanger des expériences, sur les bonnes et moins bonnes pratiques en matière de volontariat, de gestion du volontariat, dans une perspective d’optimalisation de la qualité du volontariat ;
2. Identifier les manquements et besoins pour lever les freins et créer les facilitateurs à l’exercice du volontariat ;
3. La mise en réseau d’outils et de formations (par exemple : si un membre organise une formation pour son équipe, celle-ci peut être ouverte aux membres du groupe ou le membre peut partager les informations nécessaires à la réalisation de la dite formation).
En conclusion, si nous souhaitons une ville où il fait bon vivre, cela passe par l'existence d'une solidarité. Dès lors le monde politique doit mettre tout en œuvre pour rendre cette solidarité possible et attractive, c'est dans ce cadre que le soutien au volontariat est une priorité essentielle.